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Arbejdsglaede est un mot Scandinave qui exprime la joie et la satisfaction de faire quelque chose. En français, On pourrait traduire ce mot littéralement par « joie au travail » : Arbejd = travail + Glaede = joie.

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Il n’existe pas de réels équivalents à ce mot dans le reste du monde : il décrit une émotion, un sentiment de bien-être que l’on ressent au travail lorsque l’on s’est pleinement investi et que l’on aime ce que l’on fait. Ce mot est couramment utilisé au Danemark, mais aussi en Suède et en Norvège et on l’utilise pour désigner le bonheur au travail quand :
  • Nous prenons plaisir à accomplir la tâche qui nous a été assignée.
  • Nous nous sentons bien avec les gens avec lesquels nous travaillons.
  • Nous sommes heureux avec notre rémunération et les avantages qu’on en retire.
  • Nous sommes en capacité d’améliorer une compétence.
  • Nous nous sentons reconnus et respectés au travail.

Arbejdsglaede fait partie d’un trio de mots spécifiques à la mentalité scandinave avec :

  • Faellesskab = la communauté
  • Hygge = le confort

Être heureux, dans l’ADN danois ?

Vous l’avez peut-être déjà constaté, entendu ou lu : les Scandinaves ont la réputation d’être les gens les plus heureux du monde ; pas étonnant alors qu’ils aient un mot rien qu’à eux pour exprimer le bonheur au travail. Mais l’exemple danois va plus loin !

Une étude de l’université de Warwick avance que l’ADN danois serait la clé de ce bonheur et que, peu importe où vous vous trouviez dans le monde, si vous avez de cet ADN vous êtes globalement plus heureux que les autres. Sur 131 pays analysés, l’étude affirme que plus le patrimoine génétique d’une nation s’éloigne de celui du Danemark, plus on enregistre du mal-être dans cette nation.

Personnellement, je ne sais trop quoi penser d’une telle étude, n’hésitez pas à me donner votre avis dans les commentaires. Par contre, il existe d’autres facteurs culturels et sociaux économiques qui peuvent, selon moi, expliquer ces raisons d’être heureux.

La « loi de Jante » (Janteloven)

Il s’agit d’une règle de conduite enracinée dans la mentalité scandinave et qui appelle à faire preuve d’humilité et à ne jamais penser que l’on vaut plus que les autres. Voici quelques définitions proposées ici :

  • Du skal ikke tro du er noget ! – Tu ne dois pas croire que tu es quelqu’un de spécial !
  • Du skal ikke tro du er kloger en os ! – Tu ne dois pas croire que tu es plus intelligent que nous !
  • Du skal ikke tro du kan lære os noget ! – Tu ne dois pas croire que tu peux nous apprendre quelque chose !

À méditer face à la réputation qui suit (malheureusement) souvent les Français à l’étranger : tout l’inverse !

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Danish Lifestyle ! Salaire et durée de travail.

Les Danois l’ont compris, le travail c’est bon pour la santé à condition d’avoir du temps pour faire d’autres choses à côté.

Sachez qu’à l’échelle mondiale, après le sommeil, c’est le travail qui occupe la plus grande partie de notre vie (13 ans en moyenne !). C’est davantage que le temps que nous passons avec nos amis, notre famille et en loisirs combinés ! Et d’après vous, qui travaille le moins d’heures par an entre l’Allemagne, le Danemark, et la France ? Voici ce que nous apprend le site de l’OCDE à ce sujet :

ocde_travail

J’avoue que je suis assez surpris par la première position de ce classement… Mais ce qu’il faut retenir c’est que les Danois travaillent dans l’ensemble un peu moins que nous avec 218 jours/an de travail et que cela à des conséquences indéniables sur leur bien-être.

Les Danois passent plus de temps avec leur famille, voyagent beaucoup (74% partent à l’étranger au moins une fois dans l’année selon Expedia.dk) et s’engagent fréquemment dans des activités extra-professionnelles (sport, associations, culture, politique…).

Bref, bien que l’on ne soit pas loin du Danemark dans ce classement, on est loin du leitmotiv « travailler plus pour gagner plus »… D’autant que les Danois ont les salaires les plus élevés de l’UE ! Le ratio temps libre / revenus semble donc idéal !

De l’école au travail

Les pays scandinaves ont toujours été différents sur la façon d’aborder le travail. Dès leur plus jeune âge, les Danois apprennent à travailler en groupe et en confiance dans un environnement décontracté : droit à l’erreur, moins de tests, moins d’élèves par classe, égalité des chances, plus d’attention apportée au développement et au bien-être des enfants de la part des enseignants et des parents… et ça marche !

Il n’est pas étonnant que cela se répercute à l’âge adulte dans le monde du travail où la confiance envers les autres et l’égalitarisme sont des notions très fortes et où il est courant d’avoir des heures et des lieux de travail flexibles.

Tout le monde, sans aucun dénigrement, peut faire des propositions ou prendre des décisions. Une loi oblige même les entreprises de plus de 35 personnes à faire rentrer des employés au comité de direction !

Flexisécurité

Le Danemark fait partie des pays dont l’impôt sur le revenu est parmi le plus élevé au monde, mais aussi l’un de ceux qui redistribuent le mieux les richesses : éducation gratuite ou subventionnée (de la crèche aux études supérieures), santé gratuite, indemnisation chômage pendant 2 ans…

taxes

Toutefois, les Danois ont mis en place ce qu’ils appellent la « flexisécurité », un système qui repose sur un « Triangle d’or » :

  • Grande flexibilité du marché du travail, avec des règles de licenciement souples
  • Système d’indemnisation généreux des salariés en situation de chômage
  • Politiques actives de l’emploi, visant à éviter le chômage de longue durée et à contrôler la disponibilité et la motivation des chômeurs.

Pour finir, il faut également noter que le Danemark est le pays le moins corrompu au monde ! Ceci doit contribuer grandement à la confiance que les Danois s’accordent entre eux.

corruption

Conclusion

D’après l’ONU, la France se trouve en 23e place entre Malte et le Mexique dans le classement du World Happiness Report. De nombreux rapports nous classent parmi les pays avec le niveau le plus élevé pour la consommation des benzodiazépines anxiolytiques…

On peut logiquement se demander quelle est la source du mal-être français. J’imagine que la réponse est complexe, mais on peut avancer sans craindre de se tromper que ce mal-être a forcément des conséquences sur nos vies et notre travail.

Sans copier le modèle social et économique danois, qu’attendons-nous pour nous en inspirer, nous faire confiance et inventer notre propre Arbejdsglaede ? Si possible avec un nom qui serait plus facile à prononcer 😉

photo loic
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Loïc MASSELIER

Co-fondateur de Quokkapi, entrepreneur dans l’âme et geek à mes heures, je m’intéresse tout particulièrement aux organisations humaines, aux cultures et à leur histoire. Je suis convaincu que le bien-être au travail n’est pas un vain mot et qu’il est urgent de nous réinventer. C’est pourquoi j’ai décidé d’agir à ma façon en vous proposant des contenus pour vous inspirer et vous aider à prendre des initiatives.

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